Le flow est un concept qui va au-delà du mot utilisé à plusieurs escients dans le discours populaire.  Avant d’explorer différentes astuces, définissions d’abord cet état et surtout, tentons de comprendre les raisons qui le rendent bénéfique dans la sphère professionnelle.  

Que’est-ce que le flow? 

Concept issu de la psychologie positive, le flow peut être brièvement défini par un état mental d’absorption par une activité.  Plus spécifiquement, le flow survient lorsqu’une activité de notre quotidien crée un état d’extase, où une nouvelle réalité prend forme. Un état si intense qu’on a l’impression d’être absorbé si fortement que l’on n’existe plus et pendant lequel nous ne faisons qu’un avec notre activité. 

Le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi, reconnu par ses recherches comme l’architecte du flow, fait état de trois éléments clés pour considérer être dans l’état de flow : la pleine concentration, le plein engagement et la pleine satisfaction. Vous pouvez d’ailleurs écouter son Ted Talk sur le sujet ici. 

Plus accessible que l’on pourrait le croire, le flow laisse naturellement tomber l’égo, amène une distorsion du temps et offre une fluidité dans les mouvements, où chaque action découle de la précédente, sans intervention de la pensée, puisque les compétences déjà acquises sont utilisées au maximum. Loin d’être la panacée des artistes, sportifs ou scientifiques seulement, vous avez tous assurément vécu des états de flow sans les avoir identifiés comme tels.  

Les recherches démontrent que les employés en état de flow peuvent être jusqu’à cinq fois plus productifs dans leur travail. C’est ici que le flow devient intéressant. Ainsi, si on amène, dans leur environnement de travail, les employés à vivre un état de flow 20% de leur temps de travail, leur productivité en sera doublée.  

Astuces pour inviter l’état de flow 

Voici donc quatre façons de faciliter l’état de flow au travail :  

1. Développer ses aptitudes à la concentration 

La première clé pour considérer l’état de flow est la pleine concentration. Simple à dire, plus difficile à faire, les stimulus extérieurs sont nombreux. La plupart des gens travaillent en mode multitâches, pensant ainsi doubler leur efficacité. Toutefois, la réalité est toute autre et les distractions sont énormes. Que les espaces de travail soient à aire ouverte ou fermée, instaurer de nouvelles habitudes pour les collaborations et les interactions peut grandement faciliter la concentration.

Par exemple, veiller à voir les collaborateurs en début ou fin d’avant-midi, idem pour l’après-midi, de sorte à laisser des espaces à la concentration dans le corps de ces demi-journées. Réduire le bruit ambiant autant que possible, privilégier le port d’écouteurs plutôt qu’une radio pour l’écoute de la musique, réduire la sonnerie du téléphone, sont des exemples faciles à intégrer.  

2. Être pleinement conscient

Issue de la seconde clé, le plein engagement, être pleinement conscient du travail en cours revient à incarner le moment présent. On ne peut être pleinement engagé que si l’on est ici et maintenant dans la tâche. En plus de faciliter la concentration, développer les aptitudes de pleine conscience par des enseignements et pratiques de méditation, permet de faciliter l’accès au moment présent et de prolonger les périodes de pleine conscience.

Le conflit d’hier ou le repas de ce soir n’existent pas dans cet espace de plein engagement. Être pleinement présent dans la tâche signifie que la sphère d’apprentissage pour celle-ci a déjà été faite. Ainsi, nous ne sommes plus à réfléchir à comment faire ou à activer le mental de quelconque façon. C’est ce qui facilite la fusion à la tâche, dans l’ici et maintenant.   

3. S’enrichir de l’activité 

Nul ne peut vivre un état de flow dans une tâche qui l’ennuie profondément, car l’esprit cherchera à vagabonder d’une pensée à une autre et la concentration en sera grandement diminuée. C’est ici qu’il devient utopique de penser que l’on puisse être dans un état de flow à 100 % du temps de travail. Autant dans la sphère professionnelle que personnelle, les tâches banales ou ennuyeuses font partie de la réalité quotidienne. Toutefois, avec un peu de créativité et d’attention, il est possible d’en rendre certaines plus intéressantes et enrichissantes.

Avec un nouveau regard sur les tâches à faire, comment pouvez-vous y parvenir? Si rien ne vous semble possible pour rendre enrichissantes certaines tâches, comment pouvez-vous alors les attacher à la mission de l’entreprise, de sorte de faciliter la mobilisation pour celles-ci? Déjà, quelques pistes peuvent être explorées :  

  • S’assurer que les employés aient toute la liberté nécessaire pour l’exécution de ces tâches. 
  • Valider qu’ils sont qualifiés et/ou outillés pour y parvenir. 
  • Permettre une mesure de progrès pour favoriser le sentiment d’accomplissement. 

Dans un cas comme dans l’autre, si vous repérez des failles, faites les changements nécessaires pour rendre les tâches plus enrichissantes.  

4. Contribuer à plus grand que soi 

Contribuer. Un mot qui peut résonner très fort, mais encore faut-il que la vision de l’entreprise et ses objectifs soient clairs et inspirants. Les employés ont tous un rôle clé dans la réalisation de cette vision, mais pour les mettre à profit, celle-ci doit venir les toucher droit au cœur, leur permettre de sentir qu’ils se réalisent à travers cette mission. Ressentir qu’ils contribuent à plus grand que soi. Vos valeurs, ne sont pas que pour vos partenaires ou clients. Elles ont aussi le pouvoir d’inspirer vos plus grandes ressources : vos équipes de travail.  

 

Service - Pleine conscience en entreprise | Tania Boucher - Leadership conscient